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Et si l’on traduisait selon les règles grammaticales sans choisir quelles règles suivre en faveur de préjugés ou de traditions, mais qu’on le lisait simplement au pied de la lettre sans aucune crainte d’être brûlé sur un bûcher ?

Car Dieu a tant aimé..

le « tant » est un mot qui signifie « ainsi » ou « de cette manière ». Et « aimer » n’est pas seulement de l’affection comme dans « philo » mais un amour agapè réciproque. Il y a aussi un article défini lele Dieu.

Car ainsi le Dieu a agapè-aimé le monde…

« Monde » est l’arrangement ordonné tout entier — le kosmos. Il est également à l’accusatif, ce qui signifie que Dieu fait quelque chose à l’Ordre…

Car ainsi le Dieu a agapè-aimé l’Ordre, que…

La conjonction n’est pas simplement « que » mais plutôt « dans la mesure où » ou « par conséquent », ce qui signifierait que « ainsi » pourrait se référer aux versets précédents sur le serpent élevé dans le désert…

Car ainsi le Dieu a agapè-aimé l’Ordre : dans la mesure où le fils unique engendré il a donné…

« Unique engendré » vient d’un seul mot, monogenés (#G3439), et signifie de genre unique ou seul et unique généré. Genos (#G1805) est lié à genesis ou origine. L’ordre littéral des noms à l’accusatif avec les articles définis est le fils, l’unique-généré

Car ainsi le Dieu a agapè-aimé l’Ordre : dans la mesure où l’unique engendré il a donné, afin que tout celui-qui-croit…

Un verbe au participe présent actif fonctionne comme un nom-verbe — pisteuōn celui-qui-fait-confiance ou celui-qui-se-fie. Il est au présent masculin singulier — celui-qui-fait-confiance. Il y a aussi un article défini à cela, ce qui insinue que le verbe au participe est spécifique, celui qui fait confiance. Le grec pas (#G3956) est littéralement tout. « Afin que » (#G2443) est une conjonction légèrement différente de la précédente « de sorte que » (#G5620).

Car ainsi le Dieu a agapè-aimé l’Ordre : dans la mesure où l’unique engendré il a donné, afin que quiconque fait confiance en lui…

« Eis » (#G1519) est proprement dans (mouvement vers l’intérieur) et non « en ». « Auton » (#G846) est l’accusatif « lui » ou « soi-même ». La NASB a traduit auto/auton par lui-même 83 fois. Le pronom « soi/lui-même » est utilisé de manière très unique dans le NT. Ainsi le lexique :

αὐτός, αὐτῇ, αὐτό, pronom (« dérivé de la particule αὖ avec la force ajoutée d’un pronom démonstratif. En soi, il ne signifie rien de plus que « à nouveau », appliqué à ce qui a déjà été mentionné ou, quand on regarde l’ensemble du discours, doit nécessairement être fourni. » Klotz ad Devar. ii., p. 219 ; (voir Vanicek, p. 268)). Il est utilisé par les écrits bibliques tant de l’A.T. que du N.T. bien plus fréquemment que les autres pronoms ; et dans cet usage très fréquent et presque démesuré, ils s’écartent grandement des auteurs profanes ; cf. Buttmann, § 127, 9. (Sur l’usage classique cf. Hermann, Opuscc. i. 308ff, dont un résumé est donné dans son édition de Viger, pp. 732-736.)

I. soi-même, tel qu’utilisé (à toutes les personnes, genres, nombres) pour distinguer une personne ou une chose d’une autre ou l’y opposer, ou pour lui donner une importance emphatique.

On a toujours su que l’usage de ce mot « s’écarte grandement » de tous les auteurs profanes. Mais pourquoi ? Non seulement le mot « soi » est utilisé beaucoup plus fréquemment que les autres pronoms, mais c’est le mot le plus fréquent utilisé dans le NT après seulement « et ». La Bible a une « infatuation » démesurée pour le mot « soi/lui-même ». Et les auteurs ne l’utilisent pas de la même manière que les auteurs profanes. Pourquoi cela ? Ce n’est pas qu’il ne puisse pas être traduit simplement par soi-même, il le peut certainement. C’est que personne n’a jamais osé le faire.

Car ainsi le Dieu a agapè-aimé l’Ordre : dans la mesure où l’unique engendré il a donné, afin que quiconque fait confiance en soi-même ne périsse pas…

Le mot apollumi (#G622) est bien plus que simplement « périr ». Il signifie détruire au loin/détruire complètement. Ce n’est pas un mot auquel on s’attendrait pour « éviter l’enfer ». Il est également au subjonctif ce qui signifie qu’il devrait être traduit par « puisse » ou « pourrait » ou quelque chose de similaire. Le verbe est également dans ce qu’on appelle la « voix moyenne » ce qui signifie que le sujet est le récipiendaire de l’action. Comme il est à la 3ème personne du masculin singulier, nous le rendrons par « soit détruit au loin ».

Car ainsi le Dieu a agapè-aimé l’Ordre : dans la mesure où l’unique engendré il a donné, afin que quiconque fait confiance en soi-même ne soit pas complètement détruit, mais ait la vie éternelle.

La vie-Zoe n’est pas la même que la vie-âme ou la vie-bios. ἔχῃ n’est pas seulement « avoir » mais principalement « tenir ». Ces mots grecs donneraient un bien meilleur aperçu de ce que les auteurs entendaient réellement par « vie éternelle » s’ils n’étaient pas tous traduits de la même manière.

Voici le résultat :

Car ainsi le Dieu a agapè-aimé l’Ordre : dans la mesure où l’unique engendré il a donné, afin que quiconque fait confiance en soi-même ne soit pas complètement détruit, mais tienne une vie-zoe éternelle.